Algérie - Ramadan : Procès de 8 non-jeûneurs +[mise à jour] les accusés ont été relaxés

Huit personnes doivent comparaître ce lundi 8 novembre devant le tribunal correctionnel d’Akbou, près de Béjaïa (250 km à l’est d’Alger), en Kabylie, pour n’avoir pas jeûné durant le ramadan, a indiqué dimanche à l’AFP un de leurs avocats Me Abderrezak Ammar-Khodja
Les prévenus, de confession musulmane, avaient été interpellés fin août par la police dans la localité d’Ouzellaguen, à une dizaine de km d’Akbou, alors qu’ils buvaient du café dans un local commercial fermé, a-t-il ajouté.
Déférés devant le justice, ils ont été inculpés d’atteinte aux “préceptes de l’islam”. Sept d’entre eux ont été remis en liberté tandis que le huitième, le propriétaire du local, avait été placé en détention provisoire avant d’être libéré le 6 septembre, selon Me Ammar-Khodja.
Plusieurs procès ont été intentés ces derniers mois contre des Algériens poursuivis pour “non-respect des préceptes de l’islam”, notamment contre des convertis au christianisme.
Mi-octobre, un jeune a écopé de deux ans de prison ferme et de 100.000 dinars (1.000 euros environ) d’amende pour n’avoir pas jeûné fin août durant le ramadan à Oum El Bouagui, à quelque 500 km au sud-est d’Alger, selon la presse algérienne.
Deux chrétiens non jeûneurs avaient été relaxés le 5 octobre à Ain el Hammam dans l’est algérien alors que le procureur avait requis trois ans de prison ferme. Un juge de ce tribunal kabyle avait prononcé un non-lieu car “aucun article (de loi) ne prévoit de poursuite” dans le cas de non respect du jeûne durant le ramadan.
Un procès est prévu le 28 novembre contre quatre convertis au protestantisme poursuivis pour “ouverture illégale d’un lieu de culte” à Larbaâ Nath Irathen, près de Tizi Ouzou, en Kabylie.
Le Premier ministre algérien Ahmed Ouyahia avait déclaré le 21 octobre devant l’Assemblée nationale que la liberté de culte sera “toujours garantie” en Algérie, où l’islam est religion d’Etat.
Le procès des 8 non-jeûneurs d’Ighzer Amokrane, qui pour rappel a été renvoyé le 6 septembre pour absence d’un accusé et des deux témoins. Les 8 personnes sont accusées de «non-respect et d’atteinte à l’un des préceptes de l’Islam».
Dans la rue, rendez-vous est donné pour une forte mobilisation des citoyens, ce matin, en faveur des accusés, lesquels n’ont pas cessé de manifester tout leur soutien et affection envers les 8 jeunes incriminés.
Un sit-in est prévu aujourd’hui devant le tribunal d’Akbou pour exiger la relaxe pure et simple des accusés.
Des membres de la LADDH ( Ligue algérienne des Droits de l’Homme ) de Béjaïa, conduits par Salhi Saïd, des membres du collectif Forum Kabylie, des militants du MAK (autonomistes), d’anciens animateurs du mouvement citoyen et des citoyens anonymes de la région seront présents à ce sit-in afin de soutenir les 8 jeunes accusés, d’autant plus que le procès intenté aux jeunes hommes est considéré comme «incongru» vu «le flou qui entoure l’article 144 bis 2 du code pénal», s’accordent à dire les avocats des accusés.
algérieD’ailleurs, Salhi Saïd, responsable du bureau de la LADDH de Béjaïa, appelle à revoir l’article de la discorde, en ce sens qu’il ne cite pas expressément les faits reprochés aux 8 jeunes accusés, qui, pour rappel, ont été appréhendés dans la gargote de Chikaoui Arab (le principal accusé), sise au centre commercial de la ville, en train de manger vers midi, en plein mois de Ramadhan, pour être conduits aux commissariat d’Ighzer Amokrane par les agents de police.
 

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

Pour en finir avec la colonisation de la langue arabe

Les juifs de Libye pourront-ils un jour rentrer chez eux?

Nord-Mali : Alger négocie secrètement avec les islamistes d’Ansar Dine