Une manifestation de femmes contre la violence interdite à Alger

ALGER, 24 nov 2010 (AFP) - Une manifestation prévue jeudi à Alger à l'occasion de la Journée mondiale contre les violences faites aux femmes n'a pas été autorisée par les autorités de la Wilaya d'Alger, a déclaré à l'AFP une de ses organisatrices, Faïka Medjahed. "On nous a signifié ce matin une non-autorisation verbale et on ne sait toujours pas pourquoi", a déclaré à l'AFP Mme Medjahed, membre de l'Association algérienne de planification familiale AAPF qui regroupe une douzaine d'associations de femmes.

Dans un communiqué, elles ont indiqué que cette "non autorisation" leur a été signifiée tardivement, ce mercredi, à la veille de l'événement prévu dans un hôtel du centre-ville. Le service de presse de la Wilaya contacté à plusieurs reprises par l'AFP ne répondait pas au téléphone.

Pour le collectif d'associations, cette mesure équivaut à "une violence contre l'expression et les luttes des femmes contre les violences qui leur sont faites", selon le texte publié en ligne par le quotidien El-Watan.   "Cette mesure disproportionnée et intolérable traduit bien la situation, sur le terrain, des droits des femmes en Algérie", lit-on encore dans le communiqué. Elles entendaient lancer une campagne nationale, avec pour mot d'ordre "Stop à la violence ! Droits des femmes maintenant!", pour l'obtention d'une criminalisation "pure et simple" de ces violences.

La rapporteuse spéciale de l'ONU sur la violence contre les femmes Rashida Manjoo avait indiqué le 10 novembre à Alger qu'une femme sur dix dans ce pays en était victime. Mercredi, le ministère de la Famille et de la Condition féminine a annoncé la mise en service en 2011 d'un numéro vert gratuit (15.26) qui sera opérationnel 24h/24h pour le signalement des violences à l'encontre des femmes et la prise en charge des victimes à distance".

L'Assemblée générale de l'Onu a proclamé il y a 11 ans le 25 novembre Journée internationale pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes.  Cette date a été choisie en mémoire des trois sœurs Mirabal, militantes dominicaines brutalement assassinées en 1960 sur les ordres du président Rafael Trujillo.

TSA

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