Des milliers d’étudiants marchent à Tizi Ouzou pour dénoncer le pouvoir : « Bout-Ali dégage ! »

Ils étaient des milliers de marcheurs à battre le pavé, ce mardi 1er février, à l’appel de la Coordination locale des étudiants (CLE) de l’université de Tizi Ouzou. Malgré le mauvais temps et une pluie battante, la marche des étudiants à laquelle se sont joints les militants du RCD (Rassemblement pour la culture et la démocratie) dont des parlementaires et des élus locaux comme le président de l’APW de Tizi Ouzou ainsi que les lycéens a été un franc succès.

Tizi Ouzou, 10 h 30. Le Campus universitaire de Hasnaoua est en effervescence. A partir de baffles installées devant la bibliothèque centrale, la voix du chanteur Lounès Matoub, assassiné le 25 juin 1998, n’arrête pas de rappeler le combat pour la démocratie, pour tamazight et pour les droits de l’homme.
Des milliers d’étudiants sont rassemblés devant le portail de la faculté. La pluie qui tombe à grosses gouttes depuis la matinée n’entame pas leur enthousiasme. Des dizaines de banderoles sont déployées par les manifestants qui s’apprêtent à donner le coup d’envoi de la marche en direction du siège de la wilaya.
« Bout-Ali dégage ! (un jeu de mot associant Bouteflika à Ben Ali, NDLR) », annonce une pancarte brandie par une étudiante. La marche démarre avec des youyous et des champs patriotiques.
Des slogans hostiles au pouvoir fusent de la foule dont les rangs grossissent au fur et à mesure que la procession avance sur le centre-ville. Selon les organisateurs, plus de 15 000 personnes ont répondu à l’appel à la marche. Moins de la moitié selon la police.
Outre les étudiants mobilisés en grand nombre, il notre la présence parmi les marcheurs de militants du RCD. « Halte à la répression, libérez les détenus », « Pour un véritable développement en Kabylie », « Pour une Algérie plurielle », « RND, FLN, barra ! », sont entre autres les mots d’ordre portés par les nombreuses banderoles.
En plus des revendications politiques, les étudiants ont mis en avant leurs préoccupations socio-pédagogiques. L’une des banderoles réclament ainsi un plan d’urgence pour l’université de Tizi Ouzou.
Le système LMD est également décrié par les manifestants qui demandent le maintien du système pédagogique classique, la réouverture de la post-graduation ainsi que le CAPA (certificat d’aptitude à la profession d’avocat).
Arrivés au niveau du rond-point Djurdjura, les marcheurs observent une minute de silence à la mémoire des martyrs de la démocratie alors que devant le siège la Maison de la culture Mouloud-Mammeri, ils agitent des billets de banque, une manière de dénoncer la corruption au nez du directeur de l’établissement culturel, objet de diverses critiques de l’opposition pour sa gestion des deniers la Maison de la Culture.
Devant le siège de la wilaya (préfecture), une prise de parole est improvisée. Un représentant de la CLE a fait lecture d’une déclaration de l’organisation estudiantine dans laquelle l’intervenant est revenu sur la genèse de la protestation au sein des campus universitaires de Tizi Ouzou.
A signaler que l’ombre de la « Révolution du jasmin » a plané sur la marche de Tizi Ouzou. Le drapeau tunisien a été déployé à côté de l’emblème national à la tête de la manifestation. Les marcheurs se dispersent dans la calme, mais promettent de maintenir la mobilisation jusqu’à l’aboutissement de leurs revendications légitimes.

Par DNA

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