Jean-Pierre Raffarin tente de rassuré les Algériens : « Le président Bouteflika annoncera des initiatives d’ampleur…»

Jean-Pierre Raffarin, envoyé spécial français en Algérie a rencontré Abdelaziz Bouteflika lundi soir. L’ancien Premier ministre français a déclaré, mardi matin sur Europe 1, avoir trouvé que le président algérien était « très informé et très mobilisé », face au mouvement de contestation qui secoue le pays depuis quelques semaines. Raffarin a confié que le président algérien allait annoncer aujourd’hui des décisions d’ampleur.
« Je l’ai trouve en forme, explique Jean Pierre Raffarin. Il m’a dit qu’aujourd’hui il a plus de conviction que de force. Mais je suis venu lui parler économie, je suis venu lui parler emploi et sur les gros  dossiers que je lui ai présentés, je l’ai trouvé très informé et très mobilisé et a promis son aide pour les grandes entreprises françaises pour créer de l’emploi en Algérie, ce qui est aujourd’hui une priorité. »
A la question, comment se sent-il concerné Bouteflika par les révoltes dans le monde arabo-musulman, Raffarin répond  : « Je pense que nous partageons d’une certaine manière un diagnostic, c’est-à-dire, dans l’aspiration des peuples, il y a à la fois l’aspiration à la démocratie, il en est conscient, mais il ya aussi l’aspiration sociale. Derrière la politique, il y a le social… »
Interrogé pour savoir si Bouteflika redoutait à terme les marches organisait tous les samedis par l’opposition, Raffarin révèle : « Je pense qu’il est très attentif notamment aux problèmes de la jeunesse, mais naturellement l’aspiration à des changements est très forte en Algérie comme ailleurs. Si vous voulez très clairement, ma mission je l’a met sur le plan social. Je vais vous dire un problème majeur : On a du pétrole et du gaz en Algérie, mais on n’a pas d’industrie pétrochimique. Vous pensez que dans la construction d’un pays, le ciment est fondamental et l’Algérie importe du ciment. Ils n’ont pas d’industrie pharmaceutique pour soigner la population comme elle mérite d’elle soignée. On prévoit une usine Renault pour le marché algérien. Environ 100.000 voitures. Le président algérien m’a dit très clairement ‘ce qui est désarmant pour notre pays c’est de voir que nous formons des jeunes et que les mieux formés s’en vont’ » .
 Est-ce qu’il vous a parlé comme un président qui va rester ou qui veut rester au pouvoir, l’interroge Jean Pierre El Khabach ? Raffarin : « Il a pris une certaine distance vis-à-vis de tout ça, mais il m’a annoncé qu’il faisait un Conseil des ministres et qu’il allait annoncer des initiatives d’ampleur, mais dont je ne connais pas le contenu, mais je pense qu’il va y avoir des mouvements importants dans les jours qui viennent. Des mesures sociales, un plan de PME et un certain nombre d’initiatives pour répondre à ce qui est cette aspiration fondamentale des peuples aujourd’hui qui est l’aspiration sociale…»
Agé de 74 ans, le président Bouteflika est au pouvoir depuis avril 1999.
par DNA

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