Algérie : 7000 terroristes pourraient bénéficier très prochainement d’une amnistie générale



Le président Abelaziz Bouteflika pourrait annoncer prochainement la libération de quelques 7000 personnes emprisonnées pour des faits liés à des activités terroristes. Deux responsables de la mouvance islamiste indiquent que le président algérien s’apprête à annoncer très prochainement une amnistie générale en faveur de terroristes emprisonnés. Depuis son arrivée au pouvoir en avril 1999, le président Bouteflika a gracié quelque 17540 terroristes.


Deux dirigeants de la mouvance islamiste, Abdelfateh Zeraoui et Hachemi Sahnouni, ancien dirigeant du FIS (Front islamique du Salut, dissous en 1992), ont indiqué dimanche 15 mai à l’agence Reuters que le président algérien s’apprêtait à prononcer une large amnistie en faveur des terroristes aujourd’hui en détention.

« Nous considérons la décision que le président Bouteflika et la haute hiérarchie miliaire s’apprêtent à prendre très prochainement et qui accorde une amnistié générale aux prisonniers de la tragédie nationale, comme une bonne et courageuse décision », indiquent les deux islamistes dans une lette adressée à Bouteflika, dont Reuters affirme avoir obtenu une copie.
Contacté par la même agence, Farouk Ksentini, avocat et président d’une commission des droits de l’homme proche de la présidence, souligne que cette décision serait de bonnes augures pour l’Algérie. « Si c’est vrai, c’est une bonne nouvelle que je salue parce qu’elle permettrait de mettre fin à la tragédie algérienne », déclare-t-il.
Coup de bluff de la part de ces deux responsables islamistes ou vraies intentions du président Bouteflika à procéder à une nouvelle amnistie en faveur des terroristes emprisonnés, rien n’est sûr à l’heure actuelle.
Un responsable du gouvernement, contacté par Reuters, s'est refusé à tout commentaire sur une éventuelle libération de prisonniers alors que les autorités algériennes n’ont pas réagi pour l'heure pour confirmer ou démentir les informations de Reuters.
Depuis son arrivée au pouvoir en avril 1999, le président Bouteflika a fait de la réconciliation nationale le cœur de son programme politique. Selon nos estimations, 17540 terroristes ont déjà été graciés entre juillet 1999 et septembre 2010.
Le 5 juillet 1999, tout juste cinq mois après son intronisation, le président Bouteflika avait élargi 5000 personnes détenues dans les prisons algériennes pour des faits liées au terrorisme.
En septembre de la même année, le chef de l’Etat a fait voter une loi dite de « concorde civile » accordant une amnistie totale aux islamistes armés qui avaient décidé de déposer les armes. Quelques 5000 combattants de l'AIS (Armé islamique du salut), le bras armé du parti islamiste FIS, avaient ainsi bénéficié des dispositions de cette loi.
Six années plus tard, la présidence a remis une seconde louche en initiant un nouveau référendum sensé dégarnir les maquis islamistes. Le 29 septembre 2005, la charte pour la paix et réconciliation nationale a donc été adoptée par referendum populaire.
Merouane Azzi, président de la cellule d'assistance judiciaire pour l'application de la Charte pour la paix et la réconciliation nationale, indiquait de son côté dimanche 3 décembre 2010 que 7540 terroristes ont déposé les armes entre septembre 2005 et septembre 2010 dans le cadre cette charte.
Si cette nouvelle amnistie devait se confirmer, ce serait donc quelque 25 540 terroristes qui auraient officiellement bénéficié d’une grâce de la part de l’Etat algérien.

Par DNA

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