Dominique Strauss-Kahn, la chute



Le directeur général du Fonds monétaire international (FMI) a été arrêté, hier après-midi, à l’aéroport Kennedy de New York (Etats-Unis). Dominique Strauss-Kahn (DSK) est accusé de «tentative de viol, séquestration et agression sexuelle» sur une femme de chambre de l’hôtel Sofitel de cette ville, situé dans le quartier de Time Square, à Manhattan.



C’est la police fédérale qui l’a arrêté dans un avion de ligne d’Air France, dix minutes seulement avant son décollage en direction de Paris. Selon le site internet du New York Post qui a diffusé en premier l’information, DSK aurait agressé sexuellement une femme de chambre de 32 ans, entrée dans sa chambre pour la nettoyer. Il aurait surgi tout nu de sa salle de bain en vue de l’agresser sexuellement. 


Paniquée, la jeune femme alerte sur le champ ses collègues qui, à leur tour, appellent la police. Cette dernière arrive à l’hôtel avec un peu de retard ; elle ne trouve dans sa chambre que son téléphone portable et quelques effets personnels. DSK serait parti à la hâte rejoindre l’aéroport, où il a été finalement arrêté. La victime a été transportée à l’hôpital pour blessures mineures. Hier, John Kelly, un responsable de l’autorité des ports de New York et du New Jersey, a confirmé avoir placé en garde à vue DSK avant de le remettre à la police fédérale. Transféré dans les locaux d’une unité spéciale de police, à Harlem, pour y être interrogé, DSK aurait refusé de collaborer avec les enquêteurs et aurait  plaidé non coupable, selon son avocat Benjamin Brafman.

«Coup de tonnerre», selon Martine Aubry

En quelques minutes, la nouvelle de l’arrestation de DSK a fait le tour du monde. En France, elle a fait l’effet d’un coup de tonnerre. Si l’Elysée a refusé de la commenter, le porte-parole du gouvernement, François Baroin, a appelé, quant à lui, à respecter la présomption d’innocence du moment que l’affaire est encore entre les main de la justice américaine. Tirée de son sommeil vers 2h, hier matin, Martine Aubry a qualifié l’arrestation de son ancien collègue au gouvernement de Jospin de «coup de tonnerre». Se disant stupéfaite, la première secrétaire du Parti socialiste (PS) a appelé les militants de son parti à l’union et à la responsabilité. Elle a aussi demandé à respecter la présomption d’innocence. Même réaction chez François Hollande, candidat déclaré à la présidentielle au Parti socialiste. L’ancien premier secrétaire du PS a estimé «que ce qui s’est passé ne ressemble pas à l’homme que je connais», ajoutant «plus tôt la justice interviendra mieux ce sera pour lui (DSK ndlr)».

De son côté, Ségolène Royal a demandé de laisser la justice US faire son travail en toute sérénité et ne pas accabler l’homme. «Ma pensée va d’abord à l’homme, sa famille et ses proches», a-t-elle déclaré hier matin. Elle a enchaîné : «C’est à la justice d’établir la vérité car j’entends déjà des propos qui le condamnent. Je demande le respect.» A Sarcelles, banlieue parisienne où DSK était maire de 1994 à 1997, c’est la surprise générale. Personne ne s’attendait à un tel scénario. L’actuel maire de la ville, qui a remplacé DSK, a appelé à la prudence, estimant que DSK ne ressemble pas du tout à la description que font de lui les medias et les hommes politiques. Son ancienne secrétaire à la mairie a plaidé, elle aussi, en faveur de DSK, expliquant qu’elle a travaillé des années à ses côtés sans se plaindre de son comportement.

Avenir politique compromis ?

En revanche, l’ancien secrétaire général du défunt Mitterrand, Jacques Attali, a indiqué que DSK est désormais hors course pour l’élection présidentielle de 2012. Il a néanmoins appelé au respect de la procédure judiciaire jusqu’à son terme. Idem pour Marine Le Pen, présidente du Front national, qui s’est dite pas très étonnée par la nouvelle : «Tout le Paris journalistique et politique bruissait déjà d’informations relatives aux problèmes sexuels de DSK.»
Mais au-delà des réactions des uns et des autres, c’est l’avenir politique même de DSK qui risque d’être compromis par cette affaire. A commencer d’abord par son rendez-vous annulé aujourd’hui avec Angela Merkel ainsi que la réunion qu’il devait animer à Bruxelles.
Ensuite, il est fort possible qu’il soit absent à la réunion du G8 qui se tiendra le 28 mai à Deauville et à d’autres rendez-vous économiques aussi importants les uns que les autres. Enfin, si l’instruction judiciaire devait durer quelques semaines, voire quelques mois, DSK ne pourrait également pas se porter candidat aux primaires du PS dont le dernier délai est fixé au 28 juin prochain. De facto, il se verrait exclu de la course à la présidentielle de 2012. Pourtant, un sondage Sofres paru hier matin le donnait vainqueur des primaires PS à 41% devant François Hollande (25%) et Martine Aubry (16%). Ce n’est pas la première fois que DSK est confronté à ce genre d’affaires. En 2008, une histoire semblable a éclaté dans les couloirs du FMI.
DSK avait été accusé d’entretenir des relations sexuelles avec une de ses collaboratrices de nationalité hongroise. Apres une enquête interne, DSK a présenté ses excuses aux employés du FMI, expliquant qu’il avait commis une erreur de jugement.
 

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