L’un des fils de Kadhafi aurait été tué lors d’un raid de l’OTAN



Le plus jeune fils de Mouammar Kadhafi, sa femme et trois des petits-enfants du leader libyen auraient péri lors d'un bombardement de l'Otan, affirme Tripoli. Kadhafi lui-même aurait échappé de peu à la mort. L'Otan dément l'avoir pris pour cible.


A Tripoli, les autorités libyennes ont complaisamment organisé, aux premières heures de dimanche, une visite morbide à l'intention des journalistes. Destination : la maison du plus jeune fils de Mouammar KadhafiSaïf al Arab, détruite au cours de la nuit lors d'un bombardement de l'Otan. 


Sur place, les visiteurs devaient découvrir un bâtiment ravagé au coeur d'un quartier huppé de la ville, ainsi que du mobilier et de nombreux effets personnels plus ou moins détruits, montrant que la maison était bel et bien occupée lors du bombardement. L'habitation, selon les journalistes présents, avait été atteinte par au moins trois missiles ; le toit en béton armé était par endroits complètement troué. Lorsque les missiles ont explosé, affirment les autorités libyennes, ils ont tué non seulement Saïf al Arab, 29 ans, mais aussi sa femme et trois enfants. Mouammar Kadhafi lui-même aurait échappé au raid. Il était pourtant, assure-t-on à Tripoli, dans le bâtiment visé, avec son épouse ; et les dégâts produits par les explosions laissent difficilement imaginer qu'il y ait eu des survivants parmi les occupants de cette maison. Mais le porte-parole du gouvernement libyen est formel : "Il est en bonne santé. Il n'a pas été touché. Sa femme se porte bien également".


Saïf al Arab, sa femme et les petits-enfants du leader libyen ont-ils réellement péri lors de ce raid ? Leur mort, si elle était confirmée, rappellerait beaucoup celle d'une fille adoptive de Kadhafi, tuée en 1986 lors d'un bombardement américain à Tripoli. Les autorités libyennes dénoncent en tout cas une tentative d'assassinerMouammar Kadhafi, ce qui irait au-delà du mandat confié par le Conseil de sécurité de l'ONU dans sa résolution 1973, qui a autorisé le recours à la force en Libye dans le seul but de protéger les populations civiles. "C'est désormais la loi de la jungle", a accusé le porte-parole du gouvernement libyen lors d'une conférence de presse. "Il est clair pour tout le monde aujourd'hui que ce qui se passe en Libye n'a rien à voir avec la protection des civils."


Scène de liesse  à Benghazi



L'Alliance atlantique, qui a pris fin mars le commandement des opérations militaires menées conformément à la résolution, a déclaré qu'elle s'était contentée de "poursuivre ses frappes de précision contre les installations du régime militaire (de Kadhafi) dans la nuit à Tripoli". Le général Charles Bouchard, commandant des opérations en Libye, a déclaré que l'Alliance avait notamment "frappé un centre de commandement et de contrôle connu dans le quartier de Bab al Azizia peu après 18h00 GMT". Et d'affirmer : "Toutes les cibles de l'Otan sont militaires par nature (...). Nous ne visons pas d'individus. J'ai eu connaissance d'informations de presse non confirmées selon lesquelles certains membres de la famille Kadhafi pourraient avoir été tués (...) Nous regrettons toute perte de vie".
Benghazi, fief de l'insurrection libyenne, des tirs de joie ont retenti peu après l'annonce à Tripoli de la mort du plus jeune fils de Mouammar Kadhafi. Sur le boulevard du front de mer, des voitures roulaient en klaxonnant alors que le ciel était illuminé par des balles traçantes et des tirs de roquettes, de batteries anti-aériennes et de fusils d'assaut.

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