Alain Juppé : «Nous aimerions que l’Algérie s’engage à fond dans la lutte contre Al Qaïda»

Hasard de calendrier. Deux ministres des Affaires étrangères, celui de l’Algérie et celui de la France, s’exprimaient le même jour, presque à la même heure, sur deux radios différentes, à propos de la situation en Libye.

Le chef de la diplomatie algérienne, Mourad Medelci expliquait sur Europe 1 la position de son pays à l’égard du colonel Kadhafi, de sa famille réfugiée en Algérie ainsi que l’éventuelle reconnaissance du CNT. Alain Juppé, son homologue français, en faisait de même sur RTL. Que dit Juppé sur l’Algérie ? Extraits de l’entretien.

 Confirmez-vous une demande d'asile de Kadhafi à l'Algérie ?
Non, je n'ai pas de confirmation. L'Algérie a eu dans toute cette affaire une attitude ambigüe, c'est le moins qu'on puisse dire. Je suis allé moi-même en parler au Président Bouteflika (Juppé s’est rendu à Alger en juin 2011, NDLR) , qui m'avait assuré que l'Algérie ne donnait à la Libye qu'une aide humanitaire, j'espère que cela se vérifiera.

On parle de livraison d'armes de l'Algérie aux partisans du Colonel Kadhafi...

Les autorités algériennes l'ont démenti.  Et ce qui important aujourd'hui et vous l'avez dit tout à l'heure, en évoquant cette conférence, c'est de passer à une autre phase de l'opération en Libye...
L'Algérie, puisque vous en avez parlé tout à l'heure, Alain Juppé, c'est une question importante.  L'Algérie c'est le puissant voisin de la Libye, et pour l'instant le gouvernement algérien refuse de reconnaitre le Conseil National de Transition. Ceci vous inquiète-t-il ?

Nous le regrettons, je pense qu'aujourd'hui le Conseil National de Transition a fait la preuve de sa représentativité.  Vous avez vu qu'ils gèrent la situation à Tripoli aussi bien que possible, on aurait pu s'attendre à des représailles ou un très grand désordre, ce n'est pas le cas, donc je crois qu'il faut faire confiance à ces hommes et à ces femmes qui sont en train de s'organiser et leur demander maintenant de tenir leurs engagements, c'est-à-dire un gouvernement intérimaire, une constitution, des élections. Nous ne sommes pas allés en Libye pour que la Libye retombe dans un régime qui ne respecterait pas les droits fondamentaux des libyens. 

Le gouvernement algérien dit que Al-Qaïda a des militants islamistes radicaux, profitent du désordre aujourd'hui en Libye et peuvent, c'est pour cela qu'ils ne veulent pas reconnaitre le Conseil National de Transition, importer, exporter, pardon, cette forme de violence...

...Ce que nous aimerions c'est que l'Algérie s'engage à fond avec nous d'ailleurs, avec la Mauritanie, avec le Mali, avec le Niger, pour lutter contre Al-Qaïda au Maghreb.

Vous avez des contacts avec les autorités algériennes pour espérer que, ils reconnaissent rapidement le Conseil National de Transition ?

Bien sûr, nos relations avec l'Algérie sont bonnes, je vous ai dit que j'y étais il y a quelques semaines, et s'agissant précisément du Sahel, nous sommes en train de travailler avec l'Algérie et les autres pays riverains.
Par DNA


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