Les islamistes revendiquent la victoire au Maroc : Le printemps arabe sera-t-il vert ?

Les résultats officiels ne sont pas encore officiels que les islamistes modérés du Parti de la justice et du développement (PJD) revendiquent déjà la victoire en nombre de sièges aux élections législatives organisées au Maroc. Les résultats définitifs du scrutin devraient être connus dimanche, mais les islamistes annoncent avoir remporté prés de 100 sièges sur 395. Après la victoire des islamistes en Tunisie et au Maroc, le printemps arabe sera-t-il vert ?

« Sur la base des informations dont nous disposons actuellement, nous sommes en passe de faire mieux que prévu. Je pense que nous sommes partis pour obtenir entre 90 et 100 sièges », affirme vendredi soir le président du PJD, Abdelilah Benkirane.

« Nous avons réalisé un raz-de-marée dans toutes les grandes villes du Maroc, selon les chiffres dont nous disposons », jubile de son coté Lahcen Daoudi, l'un des dirigeants du parti.
« C'est un tournant historique », indique pour sa part Mustapha El Khelfi, le directeur de la publication d'Attajdid, le journal du PJD.

Le PJD disposé déjà de 47 députés dans la Chambre des représentants qui en compte 395.
Si sa victoire se confirme, le PJD deviendra, après le parti Ennahda en Tunisie, la deuxième formation islamiste modérée à arriver en tête d'une élection depuis le déclenchement du « printemps arabe ».
Mais le PJD, qui ne propose pas d'imposer un ordre moral islamique stricte sur la société et défend le développement de la finance islamique, devra s'allier à d'autres forces politiques pour former un gouvernement.

Le PJD était notamment en concurrence avec le G8, une alliance d'inspiration libérale composée de huit formations jugées proches du palais royal et regroupées en octobre au sein de la Coalition pour la démocratie.

Test 

Ces législatives, avancées de dix mois sur le calendrier normal, avaient valeur de test des réformes amorcées par le roi Mohammed VI sur fond de révoltes démocratiques dans le monde arabe.
Face aux manifestations en faveur de changements politiques dont le Maroc a été le théâtre à partir de février 2011, le roi a proposé en juin une série d'amendements constitutionnels pour transférer une partie de ses prérogatives à des représentants élus, adoptés par référendum deux semaines plus tard.

Un Premier ministre islamiste ?

En vertu de cette réforme, le souverain, qui conserve la haute main sur les Affaires religieuses et la sécurité, devra notamment choisir un Premier ministre dans les rangs de la formation arrivée en tête. En l’occurrence, un chef du gouvernement ministre islamiste, ce qui constituerait une première au Maroc.

Printemps vert

Avec la victoire annoncée des islamistes au Maroc, celle d’Ennahda en Tunisie, la force présence des islamistes au sein des rebelles libyens ainsi que le poids des frères musulmans en Egypte, les révolutions arabes qui ont balayé trois dictateurs en Afrique du Nord (Benali, Kadhafi et Moubarak) sont en passe de devenir un printemps islamiste.
Longtemps réprimés ou interdits dans leurs pays, les partis islamistes prennent désormais le pouvoir ou aspirent à l’exercer à la faveur d’élections libres.
Quelles pourraient être les conséquences de ces victoires islamistes en Tunisie et au Maroc en Algérie ?

Le courant islamiste tape à la porte 

S’il est encore trop tôt d’émettre un avis sur la future configuration politique – les prochaines législatives devront être organisés en mai 2012 -, il est en revanche aisé d’affirmer que le courant islamiste aura un poids considérable, sinon majeur, dans la prochaine assemblée algérienne.
C’est que les islamistes ont déjà acquis une solide expérience dans les rouages de l’Etat depuis qu’ils y ont été introduit à la faveur des législatives de 1997.
Plusieurs ministres islamistes travaillent dans l’actuel gouvernement et le chef du MSP, Soltani, avait même été élevé au rang de ministre d’Etat. Le parti de ce dernier dispose actuellement de 52 sièges à l’assemblée.

Bouteflika le VRP des islamistes

L’autre acteur qui travaille en faveur des islamistes est Bouteflika. Depuis son élection en 1999, le président algérien a multiplié les concessions au profit du courant islamo-conservateur, allant jusqu’à nommer pendant deux ans un chef de gouvernement crypto-islamiste, Abdelaziz Belkhadem.
Réconciliation nationale et amnistie en faveur des terroristes islamistes, libération des activistes condamnés pour terrorisme, construction à Alger de la troisième plus grande mosquée du monde, répression des chrétiens , violences et actes d’intolérance à l’égard des femmes, islamisation rampante de la société, fermetures des bars et débits de boissons, le meilleur VRP des islamistes aura été Abdelaziz Bouteflika.

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