Nouvelles bavures en Kabylie : Deux chasseurs tués par des militaires dans un village de Yakouren

Deux nouvelles bavures militaires en Kabylie. Des éléments de l’armée nationale qui tendaient une embuscade à un groupe terroriste dans la commune d'Akerou, près de Yakouren, à une soixantaine de kilomètres à l'est de Tizi Ouzou, ont ouvert le feu dans l’après-midi du mardi 29 novembre sur deux chasseurs. Le premier est décédé peu de temps après son admission à l’hôpital, le second a succombé dans le bloc opératoire.
 
Deux chasseur ont étés tués mardi 29 novembre aux environs de 14 heure, part des tirs de soldats de l’armée. Ces nouveaux drames se sont produits dans la commune d’Akerou, à 40 km au nord de Tizi-Ouzou.
Les victimes sont Rafik Haddad, 17 ans, stagiaire, et Matoub Mohamed, un retraité âgé de 65 ans.
Rafik et Mohamed s’adonnaient à une partie de chasse coutumière dans les maquis de la région de Yakouren quand ils ont été pris sous les tirs des militaires.

Embuscade meurtrière 

« Ils chassaient à proximité du stade de leurs village, Thigounathine. C’est une piste fréquentée par les citoyens du village. Au passage des militaires par cette piste, ils les leurs ont tirés dessus directement », témoigne à DNA un citoyen du village.
Une source sécuritaire explique à l’APS que les deux victimes « ont été mortellement atteints par balles, tirées accidentellement par des éléments des forces de sécurité » qui tendaient une embuscade à un groupe terroriste.

« Transférés aussitôt vers le l’hôpital Lounès Meghnem d'Azazga, le premier chasseur succombe sur place à ses blessures, alors que le deuxième, Mohamed, est décédé dans le bloc opératoire vers 18 heures », indique encore une autre source qui a requit l’anonymat.
Dans la soirée du mercredi, le chef de daïra d’Azzefoun s’est dépêché sur place alors qu'une cellule de crise est mise en place par les villageois.

« Les autorités locales sont actuellement en réunion avec les anciens maquisards de la région », révèle notre source.

Les maquis de Yakouren sont réputés pour être des fiefs des groupes armés affiliés à Al Qaïda au Maghreb islamique (AQMI).

En octobre 2010, notre reporter a été longuement interrogé par un groupe terroriste alors qu'il effectuait un reportage avec un groupe de chasseurs de la région de Yakouren.

Trois bavures entre janvier et septembre 2011

Ces deux décès portent à 5 le nombre de bavures commises par des militaires à Tizi Ouzou et à Bejaia entre janvier et novembre 2011.

Le 12 janvier 2011, c’est un saisonnier, Mohand Bouza, 49 ans, qui a été abattu par des militaires alors qu’il chassait des grives dans la forêt d’Ighil Ali, à 60 kms à l’ouest de Béjaia.
La population avait à l’époque dénoncé la mort de Mouhand et organisé une marche pour exiger la vérité sur son assassinat.

Jeudi 23 juin, Mustapha Dial, journalier et père de trois enfants, a été tué par des militaires sur la route menant de Azzazga à Yakouren, peu de temps après l’explosion d’une bombe au passage d’un convoi militaire.
Selon divers témoins, Mustapha avait été achevé de plusieurs balles et son corps laissé sur la chaussée.
Là encore, devant la colère des habitants, les autorités se sont empressées d’arrêter l’auteur des coups et d’ouvrir une enquête. L’instruction est toujours en cours.

Dimanche 11 septembre, la victime, Zahia Kaci, 55 ans, mère de 14 enfants, revenait avec deux autres femmes d'une veillée funèbre quand un militaire en faction à la caserne de parachutistes de Freha, à 100 km à l'est d'Alger, a tiré en direction des trois femmes les « prenant pour des terroristes ».
Zahia Kaci est décédée des suites des tirs et son enterrement avait donné lieu à un mouvement de protestation de la population.

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