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Affichage des articles du mars, 2012

Algérie: «Maman, c’est la France qui a tué grand-père. - Non, c’est la guerre»

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A Bondy, en Seine-Saint-Denis, une mère d’origine algérienne raconte à son fils les dures réalités du conflit qu’elle a vécues, petite fille, en Kabylie.
«J’avais 6 ans quand j’ai perdu mon père. Nous habitions un village situé à trois kilomètres de Tazmalt, en Petite Kabylie.»C’était en décembre 1959, en Algérie. Des soldats français, opérant dans le cadre du Plan Challe, dont le mot d’ordre était «gagner la guerre pour faire la paix», ratissaient les montagnes qui surplombent la plaine, à la recherche de combattants du FLN. Ils y capturèrent Salah, 32 ans, sur les indications d’un rebelle précédemment arrêté.
Trois jours plus tard, ils ramenèrent Salah à l’endroit où ils l’avaient trouvé, pour le fusiller. Il avait refusé de rejoindre les rangs français.

Maroc : de Hassan II à Mohammed VI, les rois passent, la torture reste

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Document. La semaine dernière, L'Humanité Dimancherévélait que cinq étudiants de Taza et Fès étaient emprisonnés, après torture, pour avoir réclamé de meilleures conditions d’études. Ils sont en grève de la faim. L’un d’eux, Ezedine Erroussi, a rédigé une lettre dans laquelle il dévoile la torture qu’il subit. Nous publions en exclusivité son "journal de la torture".



Le détenu politique Ezedine Erroussi, prison locale de Taza, n°d’écrou 7000096 Le journal de la torture Salutations militantes aux étudiants(tes), Salutations à tous les nobles militants du Maroc blessé, Salutations de résistance à mes camarades de la prison de sinistre réputation Aïn Kadouss  à Fès qui sont en grève de la faim à mes côtés depuis le 23/01/2012 Salutations à tous les prisonniers politiques du Maroc notamment les prisonniers de la révolte de Taza la glorieuse avec, à leur tête, les grévistes de la faim depuis le 14/02/2012.

Pourquoi la télévision algérienne est restée soviétique

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Toujours fermée aux télévisions et radios privées, l'Algérie, malgré une vague promesse d'ouverture, fait encore figure de mastodonte nord-coréen dans la région.
Algérie, février 2011, 20 heures, heure locale. Le JT de la télévision nationale démarre après une page de publicité qui vante pour l'essentiel des produits privés. Le présentateur, droit comme un soldat, lit un message qu'a adressé le président Abdelaziz Bouteflika à son homologue d'un pays lointain pour lui souhaiter une bonne fête de l'indépendance. Puis un autre message, d'un obscur chef d'Etat de la planète qui félicite à son tour le président Bouteflika.
Il n'y a toujours pas d'images, le présentateur lit ainsi d'une voix monocorde plusieurs documents n'ayant strictement aucun intérêt. Puis une image, sans le son, qui montre le président algérien souriant, recevant le vague envoyé d'un pays ou d'une organisation internationale.

Mélenchon, le plus algérien des candidats à la présidentielle française

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Cinquante ans après la signature des accords d’Evian le 18 mars 1962 entre Paris et le Front de Libération Nationale algérien (FLN), la guerre d’Algérie n’a pas fini de semer le trouble en France, notamment chez les responsables politiques français. En pleine campagne électorale présidentielle française, la guerre d’Algérie s’invite dans les débats.
Jean-Luc Mélenchon, le candidat du Front de Gauche, a estimé que Jean-Marie Le Pen «avait du sang jusqu’aux coudes» depuis la guerre d'Algérie, rapporte le site algérien Tout sur l'Algérie. Le Pen «a du sang jusqu'aux coudes»«le sang d'un tortureur» pendant la guerre d'Algérie où «il torturait les résistants du FLN et ceux qui se battaient pour l'indépendance» du pays, a ajouté Mélenchon.
Il a ensuite déploré que sa fille [Marine Le Pen, ndlr]«continuent de nous saouler avec cette histoire de l’Algérie française».

Algérie - Le Qatar grand argentier du Printemps islamiste?

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Au lendemain de l'annonce de l'alliance de trois partis islamistes, l'Alliance de l'Algérie verte, nombre d'observateurs relie la situation algérienne à la victoire des islamistes dans les pays voisins, Ennahda en Tunisie, le PJD au Maroc, les Frères musulmans en Egypte.

Le 5 mars dernier, le quotidien algérien El Watan consacre une enquête aux financements étrangers. «Bien qu'il n'y ait pas de preuves directes, les présomptions sont fortes, d'un financement du Qatar (par ailleurs de tous les mouvements islamistes dans le monde), après le financement de ces mêmes mouvements par l'Arabie Saoudite», note le quotidien.Comment comprendre la fulgurante victoire des mouvements islamistes en Libye ou en Tunisie? Pour El Watan, cela s'explique par l'implication du Qatar, qui ne date pas du Printemps arabe. Fait avéré ou délire paranoïaque?

Guerre d'Algérie: une histoire à plusieurs voix

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«Guerre d’Algérie, la déchirure», un documentaire qui tente de dépasser les mémoires. Il sera diffusé le dimanche 11 mars à 20h45 sur France 2.
Raconter l’histoire de la guerre d’Algérie n’est pas une tâche facile. Même cinquante ans après. Algériens et Français s’apprêtent pourtant à fêter la fin d’une guerre, qui ne dira jamais son nom, au moins jusqu’au 10 juin 1999, date à laquelle l’Assemblée nationale française a adopté une proposition de loi qualifiant de «guerre» les évènements qui ont déchiré la France et l’Algérie entre1954 et 1962. Presque 40 ans d’omerta sur l’un des conflits les plus importants de la France contemporaine. Difficile de surmonter les mémoires de tous les acteurs de la guerre. De Paris ou d’Alger, la guerre n’a ni le même visage ni le même nom. Les Algériens préfèrent notamment parler de guerre de libération. Cinquante ans après la signature des accords d’Evian (18 mars 1962), il existe donc très peu d’ouvrages qui fassent consensus entre les différents acteurs…