Algérie - Le Qatar grand argentier du Printemps islamiste?


Au lendemain de l'annonce de l'alliance de trois partis islamistes, l'Alliance de l'Algérie verte, nombre d'observateurs relie la situation algérienne à la victoire des islamistes dans les pays voisins, Ennahda en Tunisie, le PJD au Maroc, les Frères musulmans en Egypte.


Le 5 mars dernier, le quotidien algérien El Watan consacre une enquête aux financements étrangers.
«Bien qu'il n'y ait pas de preuves directes, les présomptions sont fortes, d'un financement du Qatar (par ailleurs de tous les mouvements islamistes dans le monde), après le financement de ces mêmes mouvements par l'Arabie Saoudite», note le quotidien.
Comment comprendre la fulgurante victoire des mouvements islamistes en Libye ou en Tunisie? Pour El Watan, cela s'explique par l'implication du Qatar, qui ne date pas du Printemps arabe. Fait avéré ou délire paranoïaque?


«C'est une forme nouvelle de recolonisation qui frappe», déclarait récemment un intellectuel algérien proche des Services algériens.
A l’heure du communisme et du socialisme, l’Etat wahabbite avait déjà joué un rôle majeur dans les pays musulmans en devenant même «l’épicentre du séisme intégriste dans le monde musulman», lit-on sur le quotidien algérien.
Par ailleurs, de par la composition sociologique de leur base militante, notamment composée d’hommes, d'affaires, d'entrepreneurs, de négociants, les partis islamistes algériens peuvent rapidement mobiliser des moyens financiers considérables, rapporte un universitaire interrogé pour l’enquête.
«Le FIS lui-même a bénéficié de l’aide massive de l’Arabie Saoudite jusqu’à la première guerre du Golfe qui verra la source de ce financement se tarir à cause du soutien affiché par le parti dissout au régime de Saddam Hussein. Abassi Madani, le chef du FIS, se rendait  dans les pays du Golfe à chaque épreuve politique, et il en rapportait des chèques libellés en millions de dollars», note Alexandre Del Valle dans Islamisme et Etats-Unis: une alliance contre l’Europe.
Les personnes interrogées possèdent peu ou pas de preuves pour prouver le financement de pays comme le Qatar, mais tout devient l’objet de suspicions comme le pèlerinage de dirigeants islamistes à Doha et Ankara, «deux places fortes de la finance islamique» en janvier 2012.
Pour Amel Boubkeur, chercheur en sociologie à l’Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS), «les collusions des partis islamistes avec le Qatar, la Turquie, les puissances américaine et européenne ne sont pas qu’une vue de l’esprit.» Les chèques à l’ordre des partis islamistes algériens ne seraient pas un secret de polichinelle. Ces financements vont-ils se transformer en victoire le 10 mai prochain?

Commentaires

Anonyme a dit…
malheureesement en peut pas se separé avec les arab

Posts les plus consultés de ce blog

Pour en finir avec la colonisation de la langue arabe

Les juifs de Libye pourront-ils un jour rentrer chez eux?

Nord-Mali : Alger négocie secrètement avec les islamistes d’Ansar Dine