La majorité des Juifs israéliens estime que les Arabes ne sont pas loyaux



Le sondage annuel sur la démocratie révèle des schismes entre les différentes composantes de la société.
 
Trois Israéliens sur quatre estiment que leur situation personnelle est "bonne", voir "très bonne" alors que 19,8% qualifient leur situation de "pas terrible" et 4,8% de "mauvaise" ou de "très mauvaise", révèle le rapport de l'Institut pour la démocratie israélienne qui a été remis mardi matin au président de l'Etat Reuven (Ruby) Rivlin.

L'index de la démocratie israélienne est une étude annuelle qui a vu le jour il y a 13 ans et qui traite entre autre de la capacité d'influence des citoyens sur le gouvernement, de la confiance dans les institutions, de la tolérance à l'égard d'autrui, de la liberté d'expression, de l'égalité et des relations entre Juifs et Arabes.
Pour ce qui concerne la confiance des Israéliens dans leurs institutions, seuls 19% ont "totalement confiance" ou "très confiance" dans les partis politiques. 36% ont confiance dans le gouvernement, 35% dans la Knesset (le parlement) et 42% dans la police.


Concernant les relations entre Juifs et Arabes, 36% des Juifs ne voudraient pas vivre dans un quartier arabe, mais seulement 11% des Arabes ne seraient pas prêts à vivre dans des quartiers à majorité juive.
78% des Juifs et 91% des Arabes ont indiqué qu'ils n'ont pas de préférence quant à l'origine du médecin qui les soignerait, qu'il soit juif ou arabe.

71% des Juifs sont opposés à l'octroi de privilèges en Israël et un peu plus de la moitié refuseraient que ceux qui ne sont pas sionistes ne puissent pas accéder à des fonctions importantes au sein de l'Etat. Cependant, 61% des Juifs sont en faveur de l'exigence d'une déclaration d'allégeance à l'égard de l'Etat et de ses symboles comme condition pour jouir du droit de vote et d'être élu. Une immense majorité des Arabes (84%) est bien entendu opposée à cette position.

67% des Arabes ne sentent pas partie intégrante de l'Etat d'Israël et de ses problèmes, tout comme 10% des Juifs. En outre, une majorité de Juifs préfèrerait que les décisions cruciales concernant le pays, telles que la paix et la sécurité ou l'économie, ne soient prises qu'en fonction d'une majorité juive.

L'étude révèle une contradiction relative dans le domaine de la liberté d'expression. En effet, la majorité du public israélien (69% des Juifs et 76% des Arabes) s'oppose à l'interdiction par la loi de critiques virulentes en public contre l'Etat. Et pourtant, dès que des considérations sécuritaires et de liberté d'expression sont mises face à face, la majorité se renverse au sein des Juifs, puisque 59% d'entre eux estiment qu'il faut permettre à l'Etat de contrôler les commentaires des citoyens sur Internet.

Les chiffres sont plutôt inquiétants pour ce qui concerne la tolérance et l'acception d'autrui. 43,5% n'accepteraient pas d'avoir pour voisins des travailleurs étrangers, 30% ne sont pas disposés à avoir pour voisins des malades mentaux sous traitement, 24% ne sont prêts à vivre dans des quartiers ultra-orthodoxes juifs et 22% ne vivraient pas dans un quartier où il y aurait des couples de même sexe.
A la question "Etat juif" ou "Etat démocratique ?", on note une quasi égalité au sein du public juif entre ceux qui penchent pour l'aspect juif (37%) et ceux qui sont en faveur de l'aspect démocratique (35%). Et 27% des Juifs souhaitent un Etat "juif et démocratique".

En outre, la perception de la majorité des sondés juifs (56%) est qu'il ya une contradiction entre les citoyens arabes d'Israël appartenant au peuple palestinien, et des citoyens loyaux de l'Etat d'Israël. Parmi les Arabes, une grande majorité (76%) ne voient pas cela comme une contradiction.
En outre, pour une majorité de Juifs (56%), il y a une contradiction entre l'appartenance des citoyens arabes israéliens au peuple palestinien, et leur loyauté à l'égard de l'Etat d'Israël. Par contre, une grande majorité des Arabes (76%) n'y voit aucune incompatibilité.

La défiance des Juifs à l'égard de la loyauté des Arabes israéliens repose sur la crainte que lces derniers n'ont pas accepté jusqu'à aujourd'hui l'existence de l'Etat d'Israël et qu'ils souhaitent sa disparition (42%) et qu'ils représentent une menace pour sa sécurité (39%).

Concernant la discrimination à l'égard des Juifs orientaux et des Arabes, 42% des Sépharades estiment qu'ils sont discriminés par rapport aux Juifs ashkénazes, alors que seulement 16% des Ashkénazes sont de cet avis. 87% des Arabes sont d'avis qu'il existe une discrimination à leur égard et 54% des Juifs sont de cet avis.

Mais l'immense majorité des Israéliens (Juifs et Arabes) ne voient leur avenir nulle part ailleurs qu'en Israël '84%). Ils n'envisagent pas d'aller habiter ailleurs, même dans un pays occidental et même s'ils en obtenaient la nationalité.

Tamar Herman, la directrice du centre de recherche et responsable de l'enquête, a indiqué que "le public israélien est démocrate en théorie, mais beaucoup moins attaché à l'application des principes démocratiques en pratique".

Par I24News

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