La question de Jérusalem et du Mont du Temple est "insoluble" (Netanyahou)


Le PM israélien tente de convaincre les Américains de gauche de son désir de paix avec les Palestiniens.

Washington - Le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou a un mal de gorge, comme toutes les personnes qui suivent sa visite aux Etats-Unis ont pu le remarquer. Il l'a lui-même admis au début de sa visite dans un des endroits les plus périlleux pour lui: le Center of American Progress, un think tank de gauche situé à Washington.

Dans le sillage de la bataille féroce menée par Israël contre l'accord nucléaire avec l'Iran et des affrontements constants avec l'administration américaine, la décision de Netanyahou de tendre la main au parti démocrate est perçue comme une tentative de rétablir sa bonne entente avec les deux grands partis.


Touefois, tous les démocrates à Washington ne sont pas d'accord avec cela. Juste avant la venue de Netanyahou, de nombreuses voix ont critiqué le fait qu'il ait été convié, affirmant qu'on n'aurait jamais dû lui laisser franchir le seuil de la porte après la façon dont il a traité l'administration Obama ces derniers mois.
"Israël est mal compris," a martelé Netanyahou, expliquant que son commentaire controversé le jour du scrutin du 17 mars dernier sur les électeurs arabes était également un malentendu.

"C'était une déclaration inexacte et je l'ai corrigée", a-t-il lancé à l'auditoire de militants progressifs, profitant de l'opportunité pour tenter d'expliquer ses positions face aux idées fausses des Américains libéraux.
Il a ajouté qu'"il est essentiel de comprendre à quel point le consensus des deux partis envers Israël est important pour moi", en faisant sourire certains dans le public. En effet, au cours des derniers mois, Netanyahou a clairement soutenu le parti républicain dans la lutte contre l'accord avec l'Iran défendu par l'administration Obama.

Il a réitéré l'éloge de sa rencontre avec le président Obama: "Ce fut une très bonne réunion. Le président y a investi beaucoup de temps et attache de l'importance à cette relation unique". Il a affirmé que les désaccords sur l'Iran étaient de l'histoire ancienne et a souligné que "nous avons aucun désaccord maintenant sur ce que nous devons faire pour avancer: nous assurer que l'Iran respecte ses engagements, contrer son agression et ses alliés régionaux et travailler contre le réseau terroriste international de l'Iran."

Une des questions les plus brûlantes, pour ce public, était le conflit israélo-palestinien. Netanyahou a été interrogé sur sa politique à plusieurs reprises pendant les séances de questions et réponses. "Ce n'est pas une question de compromis territorial," a déclaré Netanyahou, "c'est à propos de la reconnaissance mutuelle, à propos [de la nécessité pour] les Palestiniens de reconnaitre Israël comme un Etat juif et [d'accepter] des arrangements de sécurité. Vous devriez inviter le [président de l'Autorité palestinienne Mahmoud] Abbas ici, je suis prêt à entamer des négociations sans conditions préalables, mais pas lui".

Netanyahou a abordé la question de l'expansion des implantations, l'un des sujets épineux pour les partisans démocrates d'Israël. Il a tenu à souligner ce qu'il appelle les faits. "Il n'y a pas eu de nouvelles implantations construites au cours des dernières années. Ce sont les implantations existantes qui ont été développées. Mon gouvernement a construit 1500 unités [de logement] par an, ce qui est inférieur à mes prédécesseurs des gouvernements Barak, Sharon et Olmert. Le développement des implantations ne modifie pas concrètement le potentiel pour la paix. Le gel des constructions n'a pas aidé, Abbas n'est pas venu à la table [des négociations]."

Lorsqu'on lui a demandé s'il avait un plan B, il n'a formulé aucune réponse. Il n'a pas exclu une solution unilatérale, mais a répété que ses exigences de sécurité constituent une demande majeure pour tout accord et qu'elles requièrent "une meilleure compréhension internationale." Tout accord avec Israël "devra permettre à Israël de se défendre par lui-même", a-t-il soutenu. Par ailleurs, il a jugé que la question de Jérusalem et du Mont du Temple est "insoluble" et affirmé que le lieu saint devra rester sous contrôle israélien. "Une décision unilatérale pourrait être possible si la communauté internationale comprend les besoins de sécurité d'Israël," a-t-il ajouté.

Interrogé sur l'attaque de Douma et sur le fait que personne n'a encore été inculpé, Netanyahou a nié que la violence des Israéliens vivant dans les implantations demeure impunie et qu'Israël ait émis des avis de détention administrative pour des extrémistes juifs. "Il faudra du temps et nous allons les trouver. Je suis beaucoup plus préoccupé de comment atteindre l'esprit palestinien et lui faire accepter l'idée que nous aurons à vivre côte à côte. Je ne pense pas que leur leadership politique soit prêt à accepter cela encore".

 Il a également affirmé qu'"il n'y a pas de symétrie dans les sociétés israélienne et palestinienne. Nous n'envoyons pas nos enfants à la maternelle du suicide. Il y a une différence dans les valeurs: ils glorifient les terroristes, ce n'est pas notre cas".

Tal Shalev est la correspondante diplomatique de i24news

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