Ferhat Mehenni et les Nezzar de père en fils


CHRONIQUE (SIWEL) — Misère du journalisme. C’est ce qu’on se dit quand on lit les balivernes haineuses déversées par « algerieaptriotique ». Ce site de désinformation des Nezzar fait de Ferhat Mehenni et du MAK ses cibles préférées, saisissant la moindre occasion pour les calomnier. Ils ont piqué une colère noire lorsque l’animatrice de l’émission « L’Equipe Mercato » de la chaîne de télévision française « L’Equipe 21 », diffusée le 17 juillet dernier, a donnél’information concernant la naissance de l’équipe nationale kabyle. Les calomniateurs du site « algerieaptriotique » en sont arrivés à accompagner leur torchon d’une photo portant la légende suivante : « Ferhat Mehenni a appelé à l’effusion de sang en Kabylie » ! C’est d’une bassesse à faire rougir les bonimenteurs les plus patentés.


Pensant peut-être se refaire une virginité ou espérant duper quelque esprit naïf, les Nezzar tentent de briller sur le terrain qui leur est pourtant le plus défavorable, celui du nationalisme et du patriotisme ! Décidément, les Nezzar ont la fâcheuse manie de se retrouver à chaque fois du mauvais côté de la barricade : dans le mouvement national, après l’indépendance et après 2001. L’effusion de sang, les Nezzar en savent trop, eux qui en ont plein les mains. C’est vrai que le complexe doit être difficile à supporter pour les Nezzar, eux dont le père et le grand-père étaient officiers de l’armée française et canardait leurs « frères » jusqu’à la veille de l’indépendance. Pendant ce temps, le père de Ferhat, lui, était au maquis pour se battre pour la dignité et contre le système colonial. Il mourra pour un pays dont l’indépendance sera confisquée justement par les Nezzar et consorts en 1962, qui changèrent de képi à la 25e heure. Si ça se trouve, c’est l’une des balles tirées par Papa Nezzar qui a tué le père de Ferhat Mehenni, tombé au champ d’honneur, laissant derrière lui une veuve éplorée et des orphelins. Ironie de l’histoire, ce sont les traîtres, les harkis, les ex-officiers de l’armée française et leurs rejetons qui se sont improvisés, aujourd’hui, donneurs de leçon et dépositaires du nationalisme et du patriotisme.
Papa Nezzar a continué à prendre du galon dans le royaume de la bêtise et de la rapine jusqu’à symboliser le pouvoir central algérien et ses tares les plus exécrables, pendant que l’orphelin Ferhat Mehenni, pupille de la nation comme on les appelait à l’époque, se battait pour survivre et grandir et pour dénoncer les travers d’un pays à la dérive. Il connaîtra la répression, les arrestations, la prison, la torture… mais réussira à sensibiliser toute une génération de militants aux causes démocratiques et identitaires. Il fera partie de ce que Kateb Yacine surnommera les « maquisards de la chanson ». De l’autre côté de la barricade, les Nezzar, spécialistes en effusion de sang, poursuivent leurs méfaits en toute impunité.
Khaled Nezzar portera devant l’histoire la responsabilité de la répression des manifestations d’Octobre 88, lui qui était chargé officiellement de « rétablir » l’ordre. C’est pendant ces événements que Matoub Lounès a essuyé une rafale tirée par un gendarme à Michelet. A en croire les historiens qui ont travaillé sur cette période, c’est Khaled Nezzar qui a donné l’ordre de tirer sur les enfants d’Octobre, assoiffés de liberté et de justice. Le bilan a été macabre : des milliers de morts et de blessés à inscrire sur la longue liste des victimes de la répression. L’effusion de sang, les Nezzar en savent trop, eux qui en ont plein les mains.
L’effusion de sang, les Nezzar en savent trop
Les petits Nezzar eux, c’est tout naturellement qu’ils se lanceront dans les affaires et les trafics en tout genre, comme tous les enfants de la nomenclature, et collectionneront les frasques et les scandales. Le fils de Ferhat Mehenni lui se battait dans les coordinations lycéennes à Tizi Ouzou pour la reconnaissance de sa langue et de sa culture. Il mobilisait avec ses camarades les Kabyles pour réussir le boycott scolaire en 1994-1995 et pour mettre à nu le régime raciste d’Alger. Le fils de Ferhat Mehenni payera de sa vie son engagement, celui de son père et de tout le peuple kabyle. Meziane Mehenni sera poignardé à Paris dans la nuit du 18 au 19 juin 2004 par des crapules commandées par les services d’Alger. L’effusion de sang, les Nezzar en savent trop, eux qui en ont plein les mains.
Si l’on doit faire un bilan, la famille de Ferhat Mehenni a payé un lourd tribut à l’Algérie et à la démocratie, alors que les Nezzar se sont battus de père en fils contre l’indépendance. C’est en digne héritier de son père que Ferhat Mehenni a repris le flambeau de la liberté et de l’indépendance. Il est sûrement de la trompe de ces hommes généreux et idéalistes qui ne reculent devant rien pour réaliser leurs rêves les plus fous, quitte à affronter les Nezzar et leurs semblables.
Aujourd’hui, le projet d’indépendance de la Kabylie avance à grands pas, dressant de nouvelles barricades et acculant les Nezzar à se situer du mauvais côté. Là encore, il nous faut faire attention et faire en sorte que le peuple kabyle ne tombe dans les traquenards politiciens du régime raciste et des Nezzar. Car, l’effusion de sang, les Nezzar en savent trop, eux qui en ont plein les mains.

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